Transition écologique : la solution ultime ?

De plus en plus prise en conscience dans la société mais pas pour autant dans les plans des politiques publiques de tous les gouvernements, la transition écologique reste un processus qui a la cote depuis ces dernières années.

Qu’est-ce que la transition écologique ?
La transition écologique est un ensemble de principes et de pratiques ayant pour but d’amener à une résilience communautaire, une économie circulaire et de réduction des émissions de CO2.
Même si la transition écologique peut nous permettre de vivre durablement, est-ce réellement la solution vis-à-vis de notre modèle économique ? Quelles sont les conséquences et les différents scénarios possibles ?

L’impact de la transition écologique

La dépendance sur l’énergie fossile, l’augmentation des catastrophes naturelles et un mouvement de transition écologique ont tous 1 point en commun : l’inflation. Mais qu’est-ce que la transition écologique a à faire dans l’inflation ?
L’inflation liée à la transition écologique est dénommée « greenflation ». De plus en plus d’entreprises adaptent leur processus de production afin de réduire leurs émissions carbone. Pour cela, elles optent pour des technologies dites « vertes » quoique celles-ci nécessitent des matières premières rares comme le lithium ou le cuivre, en quantité importante.
Comme le dit Isabel Schnabel, économiste allemande et membre du directoire de la BCE (Banque centrale européenne), cela implique un « déséquilibre entre l’augmentation de la demande et la limitation de l’offre qui explique pourquoi les prix de nombreux produits de base essentiels ont augmenté de façon mesurable au cours des derniers mois. Le prix du lithium, par exemple, a augmenté de plus de 1000 % depuis janvier 2020. »
D’où une augmentation des prix du coût de production des entreprises amenant à une augmentation générale des prix, donc une inflation en résultat.
Au plus d’entreprises vont entreprendre en même temps ce processus, au plus il y aura une greenflation importante.

Les différents scénarios possibles de cette transition

La publication de Thomas Allen – administrateur général du centre du changement climatique de la Banque de France – et autres collaborateurs.trices décrivent qu’il existe trois scénarios de transition climatique :
La première est celle d’une transition « ordonnée » où « les politiques publiques mises en œuvre et les évolutions technologiques réduisent les émissions carbone selon les objectifs fixés par l’accord de Paris, tout en minimisant les dommages macroéconomiques » ;
La deuxième une transition « désordonnée et tardive » avec « une mise en œuvre retardée des politiques de transition et des impacts disruptifs sur les économies » ;
La dernière relève d’une transition « désordonnée et soudaine » où « la mise en œuvre tardive et brutale (pour compenser le retard) de la transition n’est pas accompagnée des gains technologiques nécessaires, si bien que les impacts disruptifs l’emportent. »
Dans le graphique ci-dessous, on remarque bien que l’impact d’une transition soudaine par rapport à l’ordonnée engendre une baisse de près de 6% du PIB d’ici 2048, une augmentation de l’inflation maximale de 3 points en 2032 avec des écarts de plus en plus importants au fil du temps sur les différents acteurs de la croissance économique (comme par exemple une perte de 2% de la consommation privée entre transition soudaine et ordonnée).

Graphique : Impacts de la transition soudaine sur le PIB de la France, sur ses composants et sur l’inflation (en écart par rapport à une transition ordonnée)
Source : Banque de France. Note : Impact sur le PIB en écart (%) au scénario ordonné. Barres : contributions à cet impact. Impact sur l’inflation (échelle de droite) en écart (point de %) entre les niveaux d’inflation des scénarios soudains et ordonnés.

Le mélange entre greenflation et scénarios possibles de la transition écologique entraînera une pression plus intense sur la hausse des prix. Cela ne fait que diminuer le pouvoir d’achat des ménages mais aussi augmenter les inégalités entre les individus.

Chemin inverse : la décroissance, une possible solution source de débats

La décroissance est un terme qui revient de plus en plus dans les pensées depuis le 1er rapport, le « rapport Meadows », du club The Limits To Growth – club regroupant scientifiques, économistes préoccupé.es par des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement -. Ce rapport a été publié en 1972, déclenchant un véritable mouvement sur la décroissance.
La décroissance signifie tout simplement le phénomène inverse de la croissance économique : un ralentissement de la consommation. Cela implique de « réviser les indicateurs économiques de richesse, en premier lieu le PIB, et à repenser la place du travail dans la vie […] de sorte à réduire les dépenses énergétiques et ainsi l’empreinte écologique. »
Cela reviendrait à entièrement repenser notre modèle économique actuel : supprimer ce modèle sacralisant la croissance économique pour le remplacer par un modèle ouvrant à de multiples débats économiques et politiques.

Même si différents scénarios de la transition écologique existent, les politiques publiques devront trancher. Les institutions publiques vont devoir agir ensemble au plus vite pour nous assurer une stabilité économique et durable. Comme le dirait Villeroy De Galhau, gouverneur de la Banque de France, : “il y a beaucoup de risques d’échec mais la seule façon d’échouer à coup sûr, c’est l’inaction.”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *