Les causes de la crise bancaire de 2023 aux États-Unis

Quinze années après le traumatisme de la crise financière de 2007-2008, le système bancaire mondial s’est retrouvé une fois de plus au bord de l’effondrement en 2023.

En mars 2023, la crise bancaire a débuté avec l’effondrement de la Silicon Valley Bank (SVB) aux États-Unis, suivie de près par la faillite de Crédit Suisse en Europe. Ces deux banques ont été touchées par une onde de choc de panique, entraînant un retrait massif et soudain des fonds par leurs clients.

Différentes causes ont mené à cette faillite, ce qui à conduit à l’émergence de plusieurs solutions. Comment est-ce possible qu’en 2023 une banque telle que la SVB puisse faire faillite, la faute à qui ?

Parlons du Choc 

Les marchés financiers sont des environnements où les prix des actifs tels que les actions, les obligations, les devises et les matières premières sont déterminés par l’offre et la demande. Cette interaction entre acheteurs et vendeurs peut entraîner des fluctuations rapides et importantes des prix, ce qu’on appelle la volatilité. Cette volatilité peut être causée par divers facteurs, tels que les annonces économiques, les événements géopolitiques, les changements de politique monétaire ou fiscale, et même les comportements irrationnels des investisseurs.

Dans notre cas de la SVB , les annonces économiques du gouvernement américain et de la réserve fédérale de Jerome Powell poussent les banques à prendre des décisions. Les banques centrales, responsables de la stabilité du système bancaire, ont joué le rôle de « pompiers – pyromanes » (terme énoncé dans l’émission les experts en mars 2023) face à cette nouvelle crise. Pour éteindre l’incendie de la crise financière de 2007-2008, les banques centrales avaient mené une politique d’argent à bon marché, baissant les taux d’intérêt à des niveaux proches de 0 %. Les banques commerciales en ont profité pour développer leurs financements, en particulier dans l’immobilier et les secteurs à risque, et pour procéder à des achats massifs de titres sur les marchés financiers. Ce qui a conduit à une financiarisation dangereuse de l’activité bancaire. Cette “bulle” de financiarisation pousse les investisseurs à l’exploitation maximale. D’un côté, car les investisseurs font confiance à la parole de la Réserve fédérale. De l’autre, car les demandes des individus de financement (dues à la baisse des taux) ont afflué : il fallait bien que les banquiers répondent à cette demande. Nonobstant, dues aux différentes crises : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, l’inflation grandissante dans le monde, la réserve fédérale a décidé d’augmenter les taux d’intérêts de 0 à 4,75 % en un an (source réserve fédérale américaine).

Cette hausse brusque des taux pousse à l’effondrement la valeur des obligations dont les banques s’étaient clairement rempli lors de la période taux 0 et “argent gratuit”.

En effet, la dépréciation soudaine des titres détenus par la SVB a entraîné une perte de confiance significative de la part de ses clients. Craignant pour la sécurité de leurs fonds, ces clients se sont précipités pour retirer leurs dépôts, ce qui a aggravé la situation financière de la banque et finalement conduit à sa défaillance. Ce scénario a déclenché un mouvement de défiance généralisée dans le système bancaire américain, avec d’autres clients se précipitant pour retirer leurs fonds d’autres institutions bancaires par crainte de subir des pertes similaires. Ce mouvement de panique a amplifié la crise et a contribué à sa propagation rapide, mettant en évidence la fragilité et la sensibilité du système bancaire à la confiance des déposants.

Ainsi , que peuvent faire les États afin de réduire cette fragilité du système bancaire ?

Les grandes institutions bancaires ont été les principales bénéficiaires des mesures de sauvetage mises en place par les autorités monétaires pour remédier aux difficultés rencontrées par les banques. Ces autorités ont facilité le processus d’acquisition des banques en difficulté par les grandes institutions, une pratique déjà observée lors de la crise de 2008 lorsque Barclays avait absorbé Lehman Brothers. En 2023, cette dynamique s’est répété avec le rachat de la First Republic Bank par JP Morgan et de Crédit Suisse par UBS (Union des banques suisses). Les grandes institutions bancaires ont profité des mesures de sauvetage, car elles étaient mieux équipées pour absorber les banques en difficulté, ce qui leur permettait d’élargir leur emprise sur le marché et d’accroître leur influence.

De plus, ces grandes banques disposaient souvent de ressources financières plus importantes et d’une meilleure stabilité financière, ce qui les plaçait dans une position favorable pour réaliser ces acquisitions. Les autorités monétaires ont également favorisé cette consolidation du secteur bancaire dans le but de renforcer la stabilité globale du système financier en concentrant les actifs et les ressources dans un nombre réduit d’institutions plus solides. Ainsi, cette stratégie visait à restaurer la confiance des investisseurs et à stabiliser le système bancaire dans son ensemble. Il est clair qu’une série de réformes est nécessaire à deux niveaux : d’une part, il est crucial de reprendre le contrôle sur les activités des banques, et d’autre part, il est impératif de réformer la politique des banques centrales.

Premièrement, en ce qui concerne les banques, il est nécessaire de mettre en place des réglementations plus strictes pour superviser leurs activités et limiter les risques. Cela pourrait impliquer des mesures telles que la limitation des activités spéculatives et le renforcement des contrôles de conformité pour garantir la transparence et la responsabilité. La réserve fédérale se doit de ne pas laisser le marché “s’auto-réglementer” et imposer des restrictions claires qui n’avantageaient pas un parti seulement.

Deuxièmement, au niveau des banques centrales, des réformes sont nécessaires pour garantir qu’elles agissent de manière plus transparente pour atténuer les crises financières et stabiliser l’économie. Cela pourrait impliquer une révision de leurs mandats et de leurs outils de politique monétaire, ainsi qu’une amélioration de leur communication avec le public et les marchés financiers pour renforcer la confiance et réduire l’incertitude. 

Ainsi , la crise bancaire de 2023 a mis en lumière les failles persistantes dans le système financier mondial. Pour éviter de futures crises, des réformes sont indispensables afin de recréer une confiance entre les individus , l’État et les banquiers . Nous pensons ainsi qu’une réglementation transparente et claire permettrait l’ouverture de discussion qui ferait avancer notre système économique . Dans un contexte d’incertitude où les crises se succèdent, il est prépondérant de comprendre le système bancaire et d’apprendre de nos erreurs.

Bibliographie et liens :

https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/pourquoi-la-crise-banc aire-seternise-aux-etats-unis-1941456 

https://www.lombardodier.com/fr/contents/corporate-news/investment-insights/2023/ may/us-s-march-bank-crisis-is-likely.html 

https://www.capital.fr/entreprises-marches/faillites-de-banques-spectre-dun-defaut-d es-etats-unis-la-planete-fonce-t-elle-vers-une-nouvelle-crise-1468296 

 https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/crise-bancaire-aux-etat s-unis-pourquoi-la-defiance-persiste-en-bourse-1941305

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